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Mes trois apprentissages de mon expatriation au Canada

“L’homme se découvre quand il se mesure avec l’obstacle”, Terre des Hommes, Antoine de Saint-Exupéry.

Imaginez-vous, après avoir mangé un plat délicieusement gras, le ballonnement de votre ventre. Vous vous sentez serrer dans votre jean et l’unique moyen de relâcher la pression est de détacher un bouton. 

Partir au Canada est le résultat de ce bouton détaché. Un soulagement. D’abord à Orléans, puis à Paris, j’errais comme un inconnu avec cette étrange impression d’être prisonnier.

De mes 18 ans à mes 24 ans, j’ai repoussé ce moment fatidique de tout laisser pour vivre une expérience à l’étranger. Voilà chose faites depuis 2019 et mon installation à Montréal. 

Lâcher le confort pour l’inconfort est difficile, d’autant plus que l’aventure est un mix de confinement et déconfinement. Et je ne cache pas mon envie de retourner en France pour d’autres projets.

Mais être seul, à des milliers de kilomètres de la famille et des amis est la meilleure expérience que j’ai eue. 

J’aime me comparer à la construction d’une maison. D’abord l’architecte doit dessiner les plans, puis vient la pose des fondations, l’assemblage des premiers parpaings et la charpente qui vient protéger l’ensemble. Avant de finaliser les finitions intérieurs.

Comme un bébé évolue dans son nouveau monde, j’ai dû faire face à moi-même, à un nouvel environnement et à une culture différente… Je suis au début d’une longue construction qu’est ma personne.

Il m’a fallu du temps, des blessures et une expatriation pour comprendre cette fondation. 

Les voyages forment la jeunesse. Moi je dis qu’ils construisent notre vie d’adulte.  

Ma famille est un ancrage important 

Commençons par un peu de sociologie. Promis, c’est rapide.

Durant notre vie, nous avons deux processus de socialisation. La primaire, qui est celle de l’enfance et l’adolescence. C’est ici que se construisent la personnalité et l’identité sociale. La famille, l’école et nos premiers amis sont les clés de ce premier apprentissage. 

Ensuite, nous avons la socialisation secondaire, se déroulant à la fin de l’adolescence et qui se prolonge dans notre vie d’adulte. Principalement marqué par le milieu professionnel. 

« Je ne veux pas devenir comme mon père ».

Que vous l’acceptiez ou non, votre famille est une réflexion de vous-même. Personne n’étant parfait, votre socialisation se créer avec les bons et les mauvais côtés. 

Lors de mon retour en France, deux années se seront écoulées sans avoir vu un membre de ma famille. La crise sanitaire a participé à l’annulation des visites… 

C’est dur, pourtant j’en ressors un apprentissage. Il faut parfois se détacher pour mieux se retrouver !

Être loin de ma famille m’a permis d’accepter mes mauvais côtés et de les travailler pour devenir meilleur.

Étrangement, je me sens plus proche d’eux. J’ai découvert ce besoin d’être présent et d’avancer ensemble. Le mot famille a un sens plus significatif.

D’ailleurs, un de mes projets est d’explorer le passé familial. Nous apprenons de notre histoire, nous sommes qui nous sommes grâce à ceux qui nous ont précédés. 

C’est important de puiser dans notre passé familiale pour en ressortir plus fort. 

Pour moi, ma famille est un moteur de vie. Parfois, prendre du recul permet de mieux apprécier le futur à leur côté. 

Aller à contre-courant de soi mène à la perte

Avant le Canada, je ne savais pas qui j’étais !

Il y a des facettes de ma personnalité que je pensais anormal. Inacceptable.

Par exemple, pourquoi parfois, je préfère la solitude d’un roman plutôt qu’une soirée à trinquer aux bars ? Ou, pourquoi mon énergie à discuter en soirée baisse significativement tandis que d’autres font nuit blanche ? 

Parce que je suis introverti ! Et lorsque mon énergie sociale est à zéro, j’ai besoin de me ressourcer seul. Ce n’est pas grave. Maintenant, je l’accepte.

Aussi, il y a une autre interrogation qui a joué un rôle majeur dans cette incompréhension de moi. Souvent, on m’a reproché un manque d’empathie face aux émotions des gens. 

C’est vrai, je ne ressens pas toujours les émotions, même si j’aime la personne. 

Ce que j’ai longtemps vu comme un problème, je le vois dorénavant comme une force. Car j’ai la capacité d’écouter, d’apporter des conseils rationnel face à ce qu’ils vivent sans être absorbés par leurs énergies. 

Suis-je pour autant insensible ? Non, sûrement pas. Le bien-être de mes proches est primordial et ce manque d’empathie ne m’empêche pas d’être présent pour eux.

Enfin, il y a une dernière facette que j’ai enfouie : ma créativité. Et je suis très enjoué de l’avoir retrouvé et de l’accepter de nouveau dans ma vie. 

Quand je replonge dans mon enfance, j’y vois le dessin et l’écriture. Toute ma scolarité fut à l’encontre de cette créativité. Mes premières expériences professionnelles aussi. 

J’ai voulu me normaliser à la société, et oublier ce qui est réellement fait pour moi.

Ce n’est pas grave, je n’ai que 25 ans !

Je suis heureux d’avoir fait le tour de mes envies maintenant. J’évite la crise de la quarantaine ! 😅

Maintenant, je lis énormément, j’écris et prépare mes nouvelles idées pour mon retour en France.

D’ailleurs, j’ai quitté mon emploi de conseiller chez Volvo et me concentre à 100% sur des sujets qui m’apportent une valeur créative. 

Maintenant je le sais, mon cerveau est un estomac qui a besoin d’être nourri. 

Multipotentiel, tu es !

« Qu’est-ce que tu veux faire plus tard dans la vie ? » 

« Je veux être pompier, écrivain, policier, designer automobile, militaire, pilote d’avion, pilote automobile, chef d’entreprise, trader, marketeurs, youtubeur ».

Oui ! Je n’ai pas de vocation, j’en ai plusieurs. 

Je suis un multipotentiel. Non, je ne suis pas un surdoué, je suis un grand curieux du monde, qui doit explorer toute la palette de couleurs professionnelles pour créer sa propre voie. 

Et je me sens soulagé de ne plus devoir me conformer à une case !

Combien de fois ai-je cru trouver ma vocation, être excité d’apprendre de nouvelles compétences, puis de perdre tout intérêt pour revenir à la case départ.

Dernièrement, je lu le livre d’Émilie Wapnick « How to be everything ». Il y a trois ans, j’avais déjà vu sa conférence Tedx (VOSTFR) et j’avais eu mon premier déclic : « Oui c’est moi, c’est complètement moi. », 

Mais je n’étais pas encore prêt à m’accepter !

Pourtant, nous avons tous une âme de multipotentiel. Mais l’industrialisation et l’éducation scolaire forcent vers l’expertise. 

Et nous avons besoin d’expert ! Si j’ai un problème de coeur, je préfère consulter un cardiologue qu’un médecin généraliste. 

Mais parlons franchement !

Sommes-nous faits pour répéter quotidiennement la même tâche ? Évoluer dans le temps avec les mêmes compétences acquises à l’école ?

Non.

Nous sommes des humains avec des capacités incroyables. Réveillons notre flamme intérieure.  

Je suis très admiratif des personnes qui ont la force de se reconvertir. Je pense notamment à ma mère qui a quitté sa zone de confort pour s’épanouir en tant qu’entrepreneuse proche d’Aix-en-Provence. Ce n’est pas toujours facile, mais elle a eu le courage de refuser de vivre et revivre la même vie. 

Même si notre mentalité reste tourner vers les experts, être et s’accepter en tant que multipotentiel est une grande force.

Le monde évolue vite.

Les conditions de travail changent et la crise sanitaire le démontre, la vie demande une résilience.  

Les personne qui vous entourent comprendront mal votre multipotentialité. Mais rien n’empêche d”explorer de nouvelles compétences, que vous ayez mon âge ou celui de votre grand-père. C’est votre vie, pas celle des autres. 

Le COVID et la succession de confinement m’aide à poser les fondations de ma vie. 

Au lieu d’oublier le quotidien dans les bars, les discothèques et autres soirées à gueule de bois (OK, j’avoue ça me manque 😉), j’ai travaillé sur moi-même et mes inspirations. Ce n’est pas une période facile, je l’accorde, mais comme à chaque défi, j’évolue avec le bon côté.

Maintenant, j’aime dire à mes ami(e)s, qu’une fois père, mon enfant finira à la porte à ses 18 ans pour explorer un autre monde. Car on ne peut pas se créer sans avoir vécu des expériences enrichissantes.

Ces trois apprentissages vont guider mon retour en France, comment je souhaite construire mon futur autour de ma famille, ma personne et ma grande curiosité de la vie. 

Alan.

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